Le chemin non éclairé elle marche dans le noir, en pensant à demain et le changement qui l'attend, elle dit qu'il en est mieux ainsi, 15 ans et puis la fin d'une histoire. “I can't take my eyes off of you”, ça doit être ça, les enfants ont pleuré à l'école, au moins ils ne cachent rien, trop de personnes qui se séparent dans le bruit, d'autres dans la peur et le remord. Nous ne sommes rien. Elle s'éloigne, disparaît dans la nuit, le pas pressé mais trop hésitant pour que cela soit une marche banale, triste destinée que de détruire son empire et le monde va et le monde s'illumine. La ville respire, les passants ne savent rien, trop soucieux d'eux mêmes pour penser qu'elle a tiré un trait sur son ancienne vie. Ca ressemble aux rêves que nous ne ferons jamais, ça ressemble au vide ou nous tomberons tous un jour, les idées ne viennent pas, étendue, on se glisse sous les draps et on pleure toujours plus, bienvenue chez les grands, la ou la guerre règne ou le racisme trône et puis l'amour, il n'existe pas. Elle est partie, noyée par l'obscurité, on chante l'hymne des beaux jours, la naissance d'une religion et c'est alors que l'on tue, et c'est alors que l'on prie, quand l'on en a besoin, au coin du feu, ses yeux se perdent avec les flammes, le bonheur des familles elle s'en souviendra et c'est déjà ça, Joyeux noël.